"Quand on croit l'apercevoir au détour d'un couloir, d'une rue. Quand on retrace mentalement la dernière rencontre, les derniers mots. Quand les souvenirs vous prennent à la gorge, avec la ferme intention de vous empêcher de passer une journée normale. Parce qu'elle ne le sera plus. Il est revenu. Vous savez, les gens qui n'attendent qu'une chose, qu'ils la chérissent et feraient tout pour y accéder ? Lorsqu'ils l'obtiennent enfin, que deviennent-il ? Profiter. Ca n'dure qu'un temps. Peu à peu, la routine s'installe, les cicatrices pâlissent sous l'effet du temps. Seulement, elles sont toujours là, prêtes à rougir à la moindre mimique, celle qui te fait fondre et te remonterait le moral à n'importe quel moment. Celle qui, à l'époque, avait tant de pouvoir sur toi, une hypnose comme tu n'avais jusque là jamais connue. Tu n'te reconnaissais pas, tu n'étais pas toi-même.
Un sourcil levé, une veste enfilée, un dernier aurevoir. Un dernier murmure, perdu dans le brouillard. On se dit accroc, on se dit "A bientôt". Un baiser volé, le baiser digne d'un film. Le plus beau, le plus doux, le plus tout. Il pleut, tu n'le vois même pas, il t'ensorcèle. Ces yeux, ces cheveux que tu ne peux t'empêcher de toucher, de sentir. Comme elle t'avait manquée, cette odeur. Mélange de citron, d'alcool et de café. Si particulier, à tes yeux. Une photo, un peu usée, un peu abîmée, torturée.
Mais voilà. On dit que tout a une fin. Tu n'y crois pas, t'es toujours promis que dans ton monde, ce sera différent. Cependant tu n'y échappes pas, il doit partir. Arrêt sur image, tu fermes les yeux très fort, à t'en faire plisser le front, essayant en vain d'immortaliser cette scène, à jamais. Un sanglot t'échappe, pourvu qu'il n'ait pas entendu. Tu sembles forte, sans pour autant être convaincue, ni convaincante. Il n'a pas le droit."